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Texte par

Virginie Devillez


En juin 1956, sort le tract Toutes ces dames au Salon, signé par les membres de l’Internationale lettriste (dont Guy Debord), de la revue belge Les Lèvres nues (Marcel Mariën, Paul Nougé…) et du Movimento Arte Nucleare (avec Asger Jorn, Enrico Baj…) ainsi que d’autres personnalités comme Michel Leiris. Les signataires s’en prennent à une exposition qui vient d’être organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sous les auspices de la Royal Dutch-Shell : L’Industrie du pétrole vue par les artistes. L’événement posait évidemment la question du sponsor privé et des retombées qu’il attend d’un artiste bénéficiant de son soutien. Pour les signataires, l’exposition crée un précédent, un « précédent grave » car « elle ne tend à rien de moins qu’à anémier chez l’artiste ses derniers sentiments de révolte, qu’à généraliser des habitudes de soumission qui ouvrent la porte à toutes les bassesses, toutes les compromissions. » Aujourd’hui devenu pratique courante, le sponsoring privé n’en était alors qu’à ses balbutiements. Il n’empêche que Toutes ces dames au Salon garde aujourd’hui intacts sa saveur et son piquant.